Carte blanche à Emmanuelle Saby

Musique de métissage, comme dans toute l’Amérique latine, la musique populaire vénézuélienne ou música criolla de Venezuela est la synthèse de 3 cultures bien distinctes. Les traditions musicales des premiers habitants se mêlent à partir de 1492 aux chants et danses arabo-andalouses des conquérants espagnols, puis plus généralement des musiques d’autres cours européennes. Résonnent également les musiques des tribus africaines travaillant comme esclaves jusqu’au 19ème siècle, dans les plantations de canne à sucre, coton sur la côté caribéenne, au nord du pays.
Chaque région a ensuite développé des sous-genres en lien étroit avec l’environnement, le quotidien, la réalité, le sacré…

Tous ces mélanges et ce processus incessant de fusion multi culturelle font de la musique vénézuélienne une des musiques les plus riches et diversifiées du continent sud-américain.

C’est partant de cette richesse et de toutes les fenêtres sur le monde et l’imaginaire tant mélodique que rythmique ou poétique que cette musique semble ouvrir, qu’Emmanuelle Saby a proposé à Jean-Paul Autin, Guillaume Grenard et Olivier Bost une rencontre entre música criolla venezolana et le large éventail de la boîte à outil musicale de l’ARFI.

Comment résonnent ces musiques l’une par rapport à l’autre ? Que reste-t-il des sons, des sensations, quand le chant s’arrête ? Comment transcrire le sens même du labeur ou de la vie évoqués dans les chants de travail, que ce soit à travers les mots, ou l’énergie transmise par la répétition du geste, des rythmes…

Amusement, curiosité, provocation, émerveillement, étonnement…
Le propos est d’explorer l’espace qui se trouve à l’intersection de ces deux mondes musicaux.
Mélodie, matière, mots, chantés ou parlés.
Parfois peut-être juste le souffle ou le silence seront-il indispensables…
Parfois une matière forte, dense et riche d’éléments sonores variés sera juste et nécessaire.

Au cuatro, seul instrument vénézuélien, s’ajouteront des soufflants et des cordes… saxophone, flûtes, clarinettes, trombone, bugle, euphonium, guitare, contrebasse.
Le répertoire final sera le résultat de cette rencontre et de cette appropriation, à travers une interprétation libre, improvisée, ainsi que la réécriture et l’arrangement de thèmes traditionnels ou compositions.

  • Emmanuelle Saby (clarinette(s), cuatro, chant)
  • Yuko Oshima (batterie, percussions)