Villerd/Ayler Quartet

Il y a pour le sax tenor que je suis, trois oeuvres magistrales dans l’histoire du jazz : “Everywhere Calypso” de Sonny Rollins, “Sophisticated Lady” de Chepp et “Summertime” d’Albert Ayler.
Albert Ayler a inventé une façon nouvelle de jouer du tenor, sans demi-mesure et sans concession, avec un son puissant, plein et malléable, qui vient des tréfonds de l’âme, de la source même du souffle. C’était pour lui “la voix de dieu venue pour établir la paix et la spiritualité sur terre, rendre les gens meilleurs”, son désir était de jouer une nouvelle musique d’une beauté que nul n’avait encore entendue. La force d’Ayler est alors d’avoir inventé un vocabulaire pour exprimer cela.
Aujourd’hui où le sens se dilue dans le consensus, où l’idéologie bat de l’aile, j’aimerais à l’occasion de ce spectacle, suivre la voie tracée par Albert Ayler, faire raisonner une parole tout à la fois subversive et empreinte d’amour et de générosité. La musique a le pouvoir de transcender les âmes, elle sera pour nous passionnée et sincère, terriblement ancrée dans le futur.
Puisse ce quartet ne pas démériter de la fulgurance d’Albert Ayler. Nous jouerons son “unité spirituelle”, ses “fantômes” et sa “vérité” en marche. Telle est “notre prière”.
Guy Villerd.
Depuis sa création en 2000 à l’Europa Jazz au Mans, le Villerd Ayler quartet a joué au festival de Radio France (Montpellier) en 2001, au festival Djazz de Nevers (2000), à la Fraternelle de Saint-Claude (2003), au festival de jazz de Rive de Gier (2003), au Festival Jazz Contre Band (2003), à la Vapeur à Dijon (2003), l’Arrosoir à Châlon s/ Saône (2003), au festival Jazz à Luz (2004), Jazz à Saumane (2005).

  • Thierry Cousin (son)
  • Villerd / Ayler quartet
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