Cinésclaff’Arfi

Harry Langdon n'est pas dangereux

For all public from 6, duration 1h00

Harry Langdon n’est pas dangereux :
il fait face à la brutalité, à la cupidité, à la séduction et à l’autorité comme un pacifiste chevronné, un penseur avisé, un sage mature, un citoyen sûr de son droit. Oui mais voilà : Harry n’est ni homme d’expérience, ni homme mûr, ni confiant, c’est même tout le contraire : un bébé impressionné de porter des pantalons longs. Face au monde, il n’oppose qu’une défense : sa gentillesse désarmante et l’attendrissement qu’il suscite par sa maladresse.
Le personnage de ses films – mis en scène par Franck Capra ou Harry Edwards – est unique, son corps replet et sa face lunaire maquillée permettent les escapades les plus inattendues et les mimiques les plus fines. Jamais d’excès dans ses gestes, dans ses intentions ; tout est à la fois ébauche, désarroi et insistance… jusqu’au délire.
C’est ce personnage, quel que soit le scénario dans lequel il est ballotté, qui reste au centre de notre émotion captive.
Pour des musiciens, son jeu recèle des indications précieuses pour conduire une composition, une improvisation.
Nous avons décidé de rester attentifs musicalement à ce grand clown en le suivant au plus près lors d’épisodes marquant ses rapports aux autres : Harry et la séduction, la loi, la force virile, l’argent, et ce, à partir d’extraits de films différents.

La musique est à la fois composée et improvisée. Un soin attentif est tout particulièrement porté par chaque instrumentiste au choix des timbres, au mélange des couleurs orchestrales et à la dynamique du rapport à ces images presque oubliées.

HARRY LANGDON, Eloge du clown triste
«…Harry hante littéralement l’écran. Son visage blanchâtre, sur lequel se dessine un air d’éternel ahuri, renvoie au teint blafard d’un malade plutôt qu’à la figure clownesque de l’Auguste. (…) Plongé dans une rêverie sans fin, Harry personnifie l’hésitation même. Il ne bouge pas vraiment, esquisse plutôt des mouvements improbables, hésite, recommence… puis abandonne pour retourner dans cet état second qui le caractérise. Harry n’a pas la morale de Charlot. Une femme s’évanouit devant lui ? Le voilà qui prend la poudre d’escampette. (…) Langdon fait sans doute de Harry l’un des premiers grands personnages névrosés de l’Histoire du cinéma comique. Fétichiste, obsessionnel, narcissique, infantile… Harry nous réserve toujours des surprises.
Il faut voir Harry Langdon, alors quadragénaire, incarner sa propre progéniture – un poupon dans un berceau gigantesque (Tramp, Tramp, Tramp), ou jouer les garçons en culotte courte prisonniers du domicile parental (Long pants), pour mesurer l’étendue des dégâts… »
Chérif Saïs, DVDClassik.com

Création en collaboration avec Jazzèbre et l’Institut Jean Vigo (2006)

cinesclaff

projets associés